Le 24 octobre 2006, notre classe de maçons est allée visiter les souterrains de Laon. La montagne de Laon est une butte de sable et de roche posée sur la craie haute de 80 mètres. On l'appelle la Montagne Couronnée.
La cathédrale de Laon de nuit auteur J-L Bouchard
Dans le labyrinthe qui constitue les sous- sols de Laon, nous étions guidés Mr Denis Montagne, le responsable du service de recherche des carrières de la ville de Laon. Les bâtiments de Laon sont construits à partir de roches calcaires et du sable, qui se trouvent juste au dessous. Cela était fait pour économiser du temps et diminuer le coût du transport. Toutes les carrières appartiennent au gens qui possèdent une maison ou un bâtiment au dessus des souterrains. Les souterrains se composent de plusieurs niveaux : les caves, les carrières et des arènes.
Les souterrains de la citadelle de Laon auteur A. Tassin
Dans les caves, Mr Montagne nous a expliqué qu’à l’origine, les pierres destinées à la construction des cathédrales et des habitations étaient extraites dans les environs de Laon. Elles étaient transportées par chariot ce qui était pénible à cause de la boue. Ensuite le procédé a été amélioré et les habitants ont commencé à utiliser les péniches ce qui permettait aussi en transporter davantage. La suite de notre visite se passait dans les carrières. Dans ces carrières, les mineurs creusaient avec un principe simple qui évitait l’effondrement: un espace vide pour un espace plein. Ici, on peut encore voir des empreintes et des fossiles dans les plafonds et les murs.Pour extraire un bloc, les constructeurs faisaient une saignée de chaque coté du bloc à extraire à l’aide d’un burin, ensuite ils mettaient des coins pour pouvoir extraire de la pierre. Si le pilier commençait à se fragiliser, les habitants faisaient des arcs de renforts en brique car la pierre se faisait rare. Aujourd’hui, certains piliers sont tellement fragilisés qu’ils sont équipés de fissuromètre qui renseigne sur l’évolution de l’état des piliers. Enfin nous sommes descendus dans les arènes. C’est à cet endroit que le sable était extrait, la nappe phréatique est seulement à environ un mètre en dessous. Jusqu’aux années 1990, les sous- sols de Laon sont oubliés et on va y déverser des eaux usagées, ou des déchets. Ceci provoque des effondrements des carrières ou des glissements du sable dans les arènes. Petit à petit le sol devient instable. Plus de 140 mouvements de sol sont enregistrés depuis l’après -guerre. Plusieurs bâtiments se sont effondrés, l’accès à plusieurs caves a été coupé, les remparts ont été endommagés. Aujourd’hui la ville de Laon tente de limiter les dégâts en entamant un plan de prévention des risques (PPR). Cette action doit permettre d’écarter ou au moins de limiter les risques de glissements et d’effondrements. Cette visite a été brève mais instructive.